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Le jour du soleil n'a jamais aussi bien porté son nom. Malgré un retour matinal des Folivores, puisque j'ai quitté le dance-floor sur les coups de cinq heures, me voilà, à dix heures pétantes, réveillé. La même page bleue ciel qu'hier matin. 

Je ne suis pas un grand fanatique des sorties en boites. Le Tango et le Bataclan sont les seuls endroits que je fréquente avec plus ou moins d'assiduité même si je n'ai pas mis les pieds dans la "boite à frissons" depuis longtemps. Les Folivores et les Crazyvores rythment mes nuits blanches bimensuels. A chaque fois, j'éprouve un sentiment partagé d'être hors et parmi tous ces corps qui se déhanchent avec plus ou moins de succès aux sons des années 1980. Parfois même je m'y ennuie. Mais généralement, je me laisse entrainer et finis par ne plus penser à cette place qu'un jour on finira bien par m'assigner en me faisant comprendre que je ne suis plus ici à ma place. Pire que de l'ennui, c'est de l'angoisse que je ressens dans ces moments-là. 

J'ai quitté mon village pour retrouver, au sein de la capitale, une communauté à laquelle j'ai le sentiment d'appartenir malgré tout ce qu'on peut en dire. Danser parmi vous me fait éprouver ce seul lien qui nous réunit dans ces moments-là, outre l'envie de sortir : être homo. Même si je ne suis pas communautariste (je déteste réduire l'individu à un groupe), je me rends compte combien cela peut compter de se sentir appartenir à un groupe. Qu'importe s'il est réputé dur, invivable, superficiel, impitoyable... je suis attaché à ce milieu. J'aime ceux qui le font vivre, ses personnalités, ces anonymes, mes amis et nos amours.

La nuit dernière, un instant, je me suis demandé combien de lecteurs de gayinparis comptait cette foule compacte : 
une poignée ? :-( 
quelques dizaines ? :- 
une centaine ? :-)))
Alors je me suis imaginé que la salle entière était remplie de ces yeux virtuels qui ont parcouru, à l'occasion ou régulièrement, ces articles. C'est idiot, mais je me suis senti bien. 

Anonyme parmi les anonymes, grand écart entre l'écriture d'un blog et la sortie en boite, on finit par s'oublier. C'est peut-être pour cette raison que j'éprouve ce besoin de me retrouver dans cette commaunté. Tiraillements des personnes : je passe du singulier au pluriel. Cet article boucle le voyage : me revoilà à dire je. C'est à vous maintenant...

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